2 « Top vidéos » de pêche à la mouche dans l’Ouest américain
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L’épicentre de la pêche à la mouche sur Terre est situé quelque part entre West Yellowstone et Bozeman. Plus de flyshops que de Burgershops, des cohortes de moucheuses et de moucheurs, des rivières mythiques où que vous alliez, des poissons nombreux et de taille, une éthique de la pêche qui fait rêver, des épiciers qui montent et vendent des mouches dans leur corner flytying, un douanier qui papote de votre trip pêche, j’en passe et des meilleures. Place à Big sky, place à la Henry’s Fork, la Yellowstone, la Madison, la Missouri, la Big Horn, Hebgen lake, hearthquake lake … place à la Mecque de la pêche à la mouche.
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Le Montana fait partie de ces destinations capables de rendre un pêcheur légèrement déraisonnable. Des rivières mythiques, des truites magnifiques, des flyshops partout et suffisamment de noms légendaires pour remplir trois vies de moucheur. Mais attention : Big Sky Country ne signifie pas « poissons faciles sous chaque caillou ». J’y ai aussi appris l’humilité, la patience et l’intérêt de ne jamais laisser les cannes sur le toit de la voiture…
Parce que tout semble y avoir été prévu pour le moucheur : des rivières mythiques, des poissons sauvages, des éclosions parfois spectaculaires, des flyshops à tous les coins de rue et une vraie culture du catch and release. Entre West Yellowstone et Bozeman, on croise presque davantage de pêcheurs à la mouche que de gens raisonnables. Pour entrer dans l’ambiance, parcourez tous mes récits de pêche à la mouche dans le Montana et le Yellowstone.
Le mot est un peu fort, mais il n’est pas complètement volé. La Madison, la Missouri, la Yellowstone, la Gallatin, la Big Horn et la Henry’s Fork sont réunies dans une zone relativement compacte à l’échelle américaine. Cela donne une concentration de rivières et de cultures de pêche assez unique. Après, même à la Mecque, la truite peut refuser votre mouche avec beaucoup de conviction.
Pour organiser un voyage, il est difficile de les séparer complètement. La Henry’s Fork coule dans l’Idaho, une partie du parc de Yellowstone se trouve dans le Wyoming et plusieurs rivières majeures traversent le Montana. Mon voyage de 2012 s’est ainsi déroulé dans trois États et sur neuf rivières. Vous pouvez en retrouver la première vue d’ensemble dans mes premières impressions du trip Montana 2012.
Trois semaines ne sont pas de trop lorsque l’on veut découvrir plusieurs rivières sans transformer le séjour en rallye automobile. Les distances sont importantes, les conditions peuvent changer et certaines rivières méritent plusieurs jours. Pour un premier voyage plus court, mieux vaut choisir deux ou trois secteurs cohérents plutôt que collectionner les panneaux au bord des routes.
Il n’existe pas une période parfaite pour toutes les rivières. Le printemps, le début d’été et la fin d’été offrent des conditions, des débits et des éclosions différents. Les PMD, les tricos, les stoneflies ou les sauterelles ne jouent pas tous la même partition. Il faut aussi tenir compte de la fonte des neiges, des températures de l’eau, des incendies et des éventuelles restrictions. Bref, le calendrier idéal existe surtout avant le départ.
Oui, mais juillet et août peuvent apporter de fortes chaleurs et des eaux basses. Lors de notre voyage de 2012, la sécheresse compliquait sérieusement la pêche et certaines eaux étaient fermées ou restreintes en raison de températures trop élevées. Il faut commencer tôt, surveiller la température de l’eau et respecter immédiatement les fermetures. Une grosse truite ne mérite pas de finir cuite simplement parce que le pêcheur avait réservé son avion.
La Madison, la Gallatin et la Missouri constituent déjà un programme magnifique. On peut ensuite ajouter la Yellowstone, la Big Horn, la Henry’s Fork ou les rivières du parc selon la saison et les conditions. Le meilleur itinéraire n’est pas celui qui comporte le plus de noms prestigieux, mais celui qui évite de passer davantage de temps dans la voiture que dans l’eau.
La Gallatin possède une vraie beauté de rivière de montagne, avec des secteurs variés et des paysages qui rappellent immédiatement le cinéma. Elle peut constituer une excellente entrée en matière après une arrivée à Bozeman. Cela ne signifie pas que les poissons vous attendent en rang sous le premier pont. Retrouvez le récit de notre première étape sur la Gallatin River pendant le trip Montana 2012.
La Madison offre des paysages de western, de longues zones de riffles, des pocket waters, des lacs et une population de truites capable de faire rêver longtemps après le retour. Elle change aussi beaucoup selon les secteurs. Entre Earthquake Lake, Hebgen Lake, Three Dollar Bridge et les grandes plaines situées plus en aval, on pourrait presque croire qu’il s’agit de plusieurs rivières.
Three Dollar Bridge est l’un des accès les plus connus de la Madison. Le secteur propose une pêche de pocket water dans un cadre grandiose, mais sa réputation attire évidemment du monde. Il faut observer les postes, pêcher proprement et accepter de partager la rivière. Mon récit d’une session du soir à Three Dollar Bridge donne une bonne idée de l’ambiance.
Oui, certains secteurs se prêtent très bien à une pêche en wading, mais la largeur de la rivière et la puissance du courant imposent de rester prudent. Dans les grandes plaines, un riffle peut sembler uniforme depuis la berge alors qu’il contient de multiples veines et changements de profondeur. Le récit de notre partie de pêche dans les riffles de la Madison montre bien ce type de décor.
Earthquake Lake est un lac formé à la suite d’un important glissement de terrain provoqué par un séisme. La Madison le traverse avant de poursuivre sa course. Le lieu est spectaculaire et possède une histoire qui dépasse largement la seule pêche. Nous y avions programmé nos premiers coups du soir, avec tout l’optimisme des pêcheurs qui viennent d’arriver et n’ont pas encore perdu de mouches.
Hebgen Lake est notamment connu pour ses grosses truites qui viennent se nourrir en surface d’insectes dérivant sur le lac. Ces poissons sont appelés des gulpers. La pêche consiste à repérer leur trajectoire, anticiper leur passage et poser la mouche avec précision. Sur le papier, c’est simple. Sur l’eau, le poisson apparaît généralement à l’endroit où vous ne regardiez plus.
Un gulper est une grosse truite, fario ou arc-en-ciel, qui se nourrit régulièrement en surface de petits insectes, notamment de tricos. Elle avance selon une trajectoire plus ou moins prévisible en aspirant les mouches. Le jeu consiste à présenter l’imitation devant elle, sans poser la soie sur sa tête. Retrouvez cette pêche particulière dans mon récit sur les gulpers d’Hebgen Lake.
Oui. Du moins sur les secteurs les plus célèbres, où les poissons voient passer beaucoup de mouches et disposent de tout le temps nécessaire pour examiner la vôtre. Les truites du meadow peuvent être sélectives, mobiles et parfaitement capables d’ignorer une présentation presque correcte. La Henry’s Fork ne récompense pas l’à-peu-près. Elle le souligne au feutre rouge.
Parce qu’on peut y observer de très beaux poissons actifs sans parvenir à les prendre. Il faut lire leur rythme, choisir la bonne imitation, poser avec précision et obtenir une dérive impeccable. Même après tout cela, la truite garde le droit de ne pas être d’accord. Mon article sur les truites délicates de la Henry’s Fork raconte cette remise à l’heure des certitudes.
Il faut persévérer, mais pas s’acharner au point d’oublier toute lucidité. Un changement de taille, de pointe, de position ou de dérive peut débloquer la situation. Lorsque le poisson est dérangé ou que le pêcheur commence à lancer comme un homme qui règle un compte personnel, mieux vaut faire une pause. La Henry’s Fork apprend autant la persévérance que le moment où il faut lâcher l’affaire.
Des paysages immenses, une rivière mythique et, selon les secteurs, de magnifiques cutthroats. Mais une destination célèbre n’est jamais une garantie de réussite. Lors de notre passage, les conditions étaient difficiles et les espoirs ont largement dépassé les résultats. Le récit Yellowstone River : espoirs, panorama et déception remet utilement quelques cartes postales à leur place.
Non. Le parc possède sa propre réglementation, ses permis, ses périodes d’ouverture, ses restrictions et ses fermetures temporaires. Certaines zones peuvent aussi être interdites pour protéger les poissons, les milieux ou les visiteurs. Avant de pêcher, il faut consulter les informations officielles à jour du parc. Le panneau du ranger fait toujours autorité, même lorsqu’il contrarie un programme préparé pendant six mois.
Oui, la pêche dans le parc nécessite un permis propre à Yellowstone et obéit à une réglementation particulière. Ce permis ne doit pas être confondu avec ceux du Montana, de l’Idaho ou du Wyoming. Les modalités et les tarifs pouvant changer, il faut les vérifier auprès du National Park Service avant le voyage. Les vieux prix mentionnés dans mes récits restent des souvenirs, pas une réglementation actuelle.
Selon les rivières, on peut rencontrer des truites fario, des arcs-en-ciel, des cutthroats et parfois des brook trouts. Des hybridations existent également dans certains bassins. La présence et le statut de chaque espèce varient selon les secteurs. Les cutthroats occupent une place particulière dans l’imaginaire du Yellowstone, tandis que les grosses farios et arcs-en-ciel peuplent de nombreux rêves de la Madison ou de la Missouri.
Oui. La Missouri autour de Craig propose une pêche très différente des petites rivières de montagne. Large, riche et peuplée de beaux poissons, elle peut produire des activités de surface remarquables. Il faut toutefois composer avec des truites éduquées et des imitations parfois minuscules. Ma trico party matinale sur la Missouri River reste l’un des grands moments du voyage.
Les tricos sont de petites éphémères capables de provoquer des rassemblements importants de poissons en surface. Lorsque les spents tombent sur l’eau, les truites se mettent parfois à gober avec une régularité réjouissante. Il faut alors une petite imitation, une pointe fine, une bonne dérive et des yeux encore fonctionnels. Le poisson est gros, la mouche minuscule : la plaisanterie américaine commence souvent comme cela.
La Big Horn est connue pour sa forte population de truites et ses éclosions capables de provoquer une activité de surface intense. Elle coule dans un environnement aride qui contraste avec la richesse de la rivière. Lors de notre passage, les pale morning duns ont donné lieu à une pêche particulièrement généreuse. Le désert autour, les gobages devant : le décor manque légèrement de subtilité, mais on s’en remet.
Les pale morning duns sont des éphémères claires très importantes dans l’Ouest américain. Leur émergence peut déclencher une activité soutenue des truites, notamment sur la Big Horn, la Missouri ou certaines rivières du sud-ouest du Montana. Il faut disposer de plusieurs stades et tailles : nymphes, émergentes, duns et spents. Le poisson, lui, choisira naturellement celle qui manque dans la boîte.
Il faut prévoir des PMD, des tricos, des BWO, des sedges, des stoneflies, des sauterelles, des terrestres, des nymphes et quelques streamers. Les tailles et couleurs doivent être adaptées aux rivières et à la période. Avant de remplir douze boîtes au hasard, mieux vaut contacter les flyshops locaux. Ils savent ce qui se passe sur l’eau et vendent généralement la mouche exacte qui manquait justement à vos douze boîtes.
En été, les sauterelles peuvent provoquer des attaques en surface particulièrement violentes, surtout le long des berges et dans les secteurs herbeux. Elles permettent aussi de pêcher une imitation visible et porteuse, seule ou accompagnée d’une nymphe. J’avais préparé plusieurs modèles pour le voyage, dont ma Fred’s Hopper, une imitation de sauterelle pensée pour les rivières américaines.
Oui. Le rusty spinner imite le stade mort de plusieurs petites éphémères et peut devenir très efficace au coup du soir. Une petite imitation rougeâtre, bien posée sur une pointe fine, peut sauver une session qui commençait à sentir la bredouille. J’en avais monté une série avant le voyage : retrouvez le montage du rusty spinner dans la rubrique consacrée aux mouches.
Une canne polyvalente pour soie de 5 couvre déjà beaucoup de situations. Une seconde canne plus puissante peut être utile pour les gros streamers, le vent ou certaines grandes rivières. Ajoutez plusieurs soies, des bas de ligne variés, des pointes de rechange, de bonnes chaussures, une protection solaire et un nécessaire de réparation. Et transportez les cannes dans la voiture, pas sur son toit. Cette dernière précision a été scientifiquement validée par l’expérience.
Oui, sauf voyage organisé autour d’un lodge ou d’un guide. Les rivières sont éloignées les unes des autres et de nombreux accès nécessitent un véhicule. Il faut prévoir de longues distances, du carburant, de l’eau, une roue de secours et une organisation souple. Une carte hors ligne reste également utile : le réseau téléphonique américain respecte parfois les grands espaces avec un enthousiasme excessif.
Oui, à condition de préparer sérieusement les permis, les hébergements, les distances et les solutions de repli. Les flyshops locaux sont précieux pour connaître les niveaux, les éclosions et les restrictions. Un guide peut aussi aider à comprendre rapidement une grande rivière. Organiser seul apporte beaucoup de liberté, mais cette liberté inclut celle de se tromper de route pendant cinquante kilomètres.
Ce n’est pas obligatoire, mais une journée guidée peut faire gagner beaucoup de temps sur la Missouri, la Big Horn, la Yellowstone ou la Madison. Le guide connaît les accès, les dérives, les éclosions et la manière de pêcher depuis un drift boat. Il ne garantit pas les poissons. En revanche, il réduit la durée pendant laquelle le pêcheur contemple une rivière magnifique sans comprendre ce qu’il est censé faire.
Les flyshops ne servent pas seulement à vendre des mouches. Ils fournissent des informations sur les niveaux, les éclosions, les restrictions, les accès et les techniques du moment. Ils permettent aussi d’acheter les permis nécessaires. Une visite au flyshop en arrivant sur un secteur évite souvent plusieurs heures de pêche au mauvais endroit avec la bonne mouche — ou l’inverse, ce qui n’est guère plus productif.
Non, et c’est tant mieux. Certaines rivières peuvent être généreuses, mais d’autres demandent une précision redoutable. La chaleur, le vent, les variations de débit, les poissons éduqués et les éclosions minuscules peuvent rendre la pêche difficile. Le Montana offre davantage de possibilités, pas un abonnement illimité aux grosses truites. Mes récits comportent d’ailleurs autant de leçons d’humilité que de poissons réussis.
Évidemment. Le prestige d’un nom ne change ni la météo, ni le débit, ni l’humeur des poissons. On peut traverser l’Atlantique, acheter trois permis et contempler une Yellowstone splendide sans prendre la cutthroat prévue par le scénario. La bredouille américaine reste une bredouille, mais avec un panorama plus large et un cheeseburger nettement plus gros.
Préparez sérieusement le voyage, mais gardez de la souplesse. Surveillez les niveaux et les températures, écoutez les flyshops, respectez les réglementations et ne construisez pas tout le séjour autour d’une seule rivière. Prenez le temps de regarder les paysages et d’accepter les échecs. Le Montana peut offrir une orgie de gobages ou une leçon magistrale d’humilité. Souvent les deux, parfois dans la même journée.
Fredo