Yellowstone river – espoirs, panorama et déception

West Yellowstone – 02 août 2012. Vrai gueule de village américain West Yellowstone est une bourgade touristique, un bourg-centre commercial pêche, nature et traditions à  l’entrée du parc, 2 milles d’Hebgen lake, 5 du riffle de la Madison. Nous nous y arrêtons après de grandes journées sur la Henry’s Fork river. Objectif : y déguster un cheese-bacon-burger, 1 l de coca frais et refaire de la logistique pêche et survie avant d’entrer dans le parc. Le parc du Yellowstone … un mythe, une date dans notre séjour … la DATE peut-être…

Nous y resterons 40 heures … pas une de plus … pas 7 jours en tout cas…

Nous arrivmes au campground dans l’après-midi, après avoir d’abord longé la Madison dans le parc. Magnifique … mais  fermée pour cause de canicule (=canicule + eaux chaudes telluriques). 

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Direction le bureau des rangers un peu plus loin, formalité obligatoire :  acheter le permis Yellowstone (très très optimistes, nous prîmes le permis 7 jours à  25 €, un permis de pêche spécifique Parc du Yellowstone, valable dans le parc -hors restrictions-, sur les deux états Montana et Idaho. Accueil très pro des rangers. A un point près … 

Ne le dites à  personne : les truites cutthroat sur la Yellowstone … c’est plus ça !

après coup, nous “sommes en droit de nous interroger sur un point” : ça aurait été …un peu plus “game” de nous prévenir qu’il n’y a presque plus de cutthroat sur le meadow de la Yellowstone … quasi-décimée  par le truite de lac … du lac de Yellowstone exactement. La cutt avait résisté à  l’arrivée de l’homme et ses pratiques halieutiques peu respectables :

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Le no kill est une invention d’aristocrates anglais, et n’est apparu qu’au vingtième siècle dans la pratique américaine. En 1901, es employés d’hôtel n’en étaient pas à  ces considérations de graciation, de pêche plaisir, pour le fun … ça a changé, le no kill est obligatoire sur la cutthroat. Pas complètement naturel chez 100% des ricains qui pour beaucoup pratiquent la pêche de façon occasionnelle sans considération “éthique”. Pour exemple ce qu’il se passait dans les années soixante à  fishing bridge, l’embouchure de la Yellowstone river dans le lac Yellowstone, à  l’ouverture de la pêche, en  juin :

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Les truites cutthroat ont un cycle ancestral de reproduction qui les fait soit vivre dans le lac, soit remonter la Yellowstone jusqu’au lac, pour emprunter celui-ci avant de rejoindre le tributaire choisi pour se reproduire. A priori, celui où elles sont nées (je suppose, à  confirmer … si vous avez des infos …).

Tout allait bien donc, ou à  peu près, , décades après décades, siècles après siècles, jusqu’à  ce que Nico débarque 🙂 la truite de lac apparaisse dans cette mer intérieure qu’est le lac Yellowstone.

carte-lac-yellowstone.jpg

La truite de lac, introduite illégalement , a priori en provenance du lac LEWIS (étude génétique) y trouva a priori un environnement favorable, … et à  manger … les cutthroats …

Les tentatives depuis des années pour l’éradiquer sont vaines … Flottes de chalutiers … rien y fait … des centaines de milliers de truites de lac ont été chalutées sur le lac, mais le déclin des cutthroats continue. Quand on sait que la cutt est un maillon critique de la chaîne alimentaire … Selon des études réalisées, sa disparition impacte a priori 42 espèces dont le grizzly, l’osprey … Les ours ont ainsi déserté leur vacations printanières dans les tributaires du lac. Quelle réaction en chaîne ? Report sur une autre proie ? Surement … avec les déséquilibres en cascade que l’on peut toujours redouter.

Le milieu de la pêche est catastrophé. les détaillants le savent, mais on il semble que la consigne tacite c’est l’omerta : ça ne se dit pas trop. Intérêts touristiques ? 

cutthroat-trout-yellowstone.jpgLa région a plein d’autres atouts … Un patron de flyshop sur Bozeman nous a avoué croire ne pas revoir de son vivant la population de cutthroat qu’il a connu. Lumière au bout du tunnel : l’action de restauration de la cutthroat est devenur prioritaire en 2011. 300 000 truites de lac ont été pêchées l’été 2012, et pour la première fois depuis plus de dix ans, la population de cutthroat semble remonter  … On fixe des émetteurs sur des truites de lac pour repérer leurs zones de concentration et mieux les erradiquer. Les erradiquer d’un lac de 360 km2 d’une profondeur atteignant plus de 115m.  Good luck guys !!

Bref … fin juillet 2012 – Coups du soir sur la Yellowstone … presque rien

quelques petites cutts … mais certainement pas ce que Nico avait connu lors de ses précédents séjours. Point de head and tails de “master cutt'” dans les courants. En tout cas, pas pendant notre séjour … les conditions météo, plutôt à  la fraicheur, et le peu d’insectes auront certainement accentué cette presque disparition des cutt de ce somptueux meadow tant phantasmé. 

En résumé … peu de choses à  raconter sur la Yellowstone … elle est magnifique … un peu touristique …  on croise des bisons, des mooses, des chevreuils sur ses berges. On (je) flippe de rencontrer un grizzly.Bienvenue dans le grand Ouest américain.

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Je ferai quand même un bilan positif de notre étape sur le parc du Yellowstone : le plaisir d’avoir pêché le meadow de la Yellowstone quireste une terre sainte de la pêche à  la mouche, tendance mur des lamentations. Le plaisir des yeux d’avoir pêché dans une carte postale à  la paramount. Le plaisir pour moi d’avoir découvert de tels endroits avec mon copain Niak et son rejeton

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… même si on évacue pas la frustration de ne pas y avoir pris de pied halieutique.

Quelques anecdotes surnagent pourtant ….

Pas de beurre, pas de cèpes

cepe-parc-yellowstone.jpgDu no kill sur tout le séjour … sauf pour ces magnifiques cèpes que nous trouverons sur les berges de la Yellowstone. Nous les transporterons durant 2 ou 3 jours avant de les balancer : par incapacité à  trouver du beurre dans le quartier … c’est vrai que l’étape suivante nous transportera des hauteurs et de la fraicheur du parc au nord du Wyoming, à  travers le désert des indiens Crow jusqu’aux berges de la Big Horn … voir “PMD days en plein désert” dans quelques jours. 

Le lendemain en effet, départ pour la Big Horn … sur laquelle nous fondons de grands espoirs.

Pression sur la mythique Slough Creek et sa confluente la Lamar.

Je retiendrai aussi la Yellowstone désertée, les Madison et Firehole fermées, basculant la pression de pêche sur la Slough creek et la Lamar river.

Nous pêcherons une journée sur la Slough creek et effleurerons la Lamar, avec aussi peu de succès.

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Je retiendrai une discussion sur les berges de la Slough avec un pêcheur ricain de Livingstone, prof d’économie, très cool… nous échangerons une demi heure d’abord, des imitations de sauterelles ensuite. Je retiendrai le coté sauvage, brut de la Slough, moins riant que la charmante Yellowstone.

peche-a-la-mouche-slough-creek-parc-yellowstone.jpg

Je retiendrai aussi une belle cutt -a priori- qui gobera ma sauterelle en mousse sur une fin d’accélération d’un virage de la Slough , pour se décrocher en suivant, mais ce gobage !! ou ses copines qui jouèrent avec mon streamer le long d’une berge creuse … ou ce Pronghorn croisé sur les berges de la Slough. 

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Je retiendrai aussi le bas niveau de la Slough, plutôt inquiétant, ou les eaux encore grises de neige de la Lamar.

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embrassez-vous … Big Bison … Big Bison … !

Je retiendrai aussi une fraction de seconde.

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Celle durant laquelle, un soir, je faillis embrasser un bison avec amour, surprise surtout et accessoirement un certain élan … celui de notre voiture lancée -un peu-vite sur les routes sombres du parc. Nico évitera le boeuf “qui traverse en dehors des clous’ d’un coup de volant salvateur…. j’ai donc toujours ma mchoire inférieure … WAAAAAZZZZZZZAAAAAAAHHHHHHHHHh !!!!!!!! (tester ce cri devant un bison, vous comprendrez)

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On fait pas chier le pêcheur frustré …

Je retiendrai cette deuxième nuit qui nous verra -entendra surtout- hausser le ton contre une tribu de voisins  bruyants au camping. C’est trop nous demander, frustrés par un deuxième soir de quasi-bredouille, de supporter,  un vacarme aussi tardif que malvenu en ce lieu de nature plus en accord avec le silence. “Tu vas te la fermer et aller au pieu MAINTENANT !!!!  SHUT UP AND GO TO SLEEP NOOOOWWWWW ! ” …. un caddis passe … et va se coucher …

3 semaines de pêche … 10min de tourisme

un copain me traite régulièrement de monomaniaque dans ma relation avec la pêche. Il a surement raison. Il est médecin … Ces stats lui donnent un peu raison. La seule incartade nous la ferons en approchant une zone à  geysers près de la Firehole river. Donc très touristique … avec du monde, chemin tracé et tout. Mais nous y verrons ça, et franchement … ça envoie … de l’eau … du moins certains … et pas toutes les 5 min. Ne voulant pas louper le coup du soir, et pas encore rendus au campsite, nous ne nous éterniserons pas. Mais “on l’a fait” 😉 :

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mais aussi ça :

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Et des comme ça, il y en a plein, et font presque partie du paysage. Un trip aux USA ne serait pas le même sans ces figures qui font les road trips.

Temps faibles, temps forts …

Bref, l’étape précédente sur la Henry’s Fork nous a fait vivre l’enfer avec ces truites expertes et délicates, ces éclosions multiples et ces sessions si riches en adrénaline… La Yellowstone et consoeurs, ce fut pour nous le temps faible … niveau pêche . 

madison-parc-yellowstone.jpg

Mais niveau paysage … un grand pied : 

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Au final, sur un séjour de 3 semaines, il y a toujours des temps faibles, indispensables pour ne pas se lasser. Je suis intimement persuadé que la frustration accumulée dans les bredouilles ou mauvaises parties, pimente le plaisir des parties de pêche réussies. Et en traversant simplement un désert avec les red hot chilli peppers on peut très bien basculer sur un temps fort … Très bientôt “PMD days en plein désert” … 😉

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1 réponse

  1. pierrot le pecheur dit :

    Magnifique reportage !!!
    Au fait, J-1 mois !

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