Retour d’une session de pêche à la mouche au bar dans le golfe du Morbihan
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La pêche à la mouche en mer … sacré challenge. Cette discipline commence juste à se développer en France, alors qu’elle est plus que fréquente dans les mers et océans péchés par les anglo-saxons. En France métropolitaine, on pêche à la mouche des bars, petits thonidés, maquereaux, orphies, lieus … Dans les eaux tropicales, la pêche à la mouche pourra cibler toutes les espèces prédatrices comme les carangues, bonefish, tarpons, et tous les grands poissons de sport de pleine mer comme les espadons voiliers, les wahoos, dorades coryphènes… Le matériel sera bien entendu en conséquence avec des ensembles cannes/moulinets de 7/8 et plus, 10, 12 … Le moulinet, pas trop important sur des poissons de petite taille, devra être irréprochable en mer. Place à mes quelques expériences en Bretagne, sur Monseigneur le bar ! Place à des vidéos de fabuleuses attaques de gros tarpons, snooks, caranques …
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La pêche à la mouche en mer commence souvent par une question assez simple : pourquoi ajouter une soie, du vent et quelques nœuds supplémentaires à une pêche qui n’était déjà pas toujours facile ? Parce qu’un bar qui prend un streamer dans cinquante centimètres d’eau, une bonite qui vide le moulinet ou un tarpon qui décolle devant le bateau donnent une réponse plutôt convaincante. Voici de quoi préparer le matériel, choisir les mouches et éviter quelques erreurs avant que la mer ne se charge elle-même de rappeler qui commande.
Oui, et beaucoup plus d’espèces qu’on ne l’imagine peuvent être recherchées à la mouche. En France, le bar reste la cible la plus évidente, mais les maquereaux, orphies, lieus, bonites et autres petits thonidés s’y prêtent également. Sous les tropiques, le programme s’élargit encore avec le bonefish, le tarpon, le permit, les carangues et bien d’autres poissons. La rubrique consacrée à la pêche à la mouche en mer rassemble ces différentes facettes.
Non, mais elle pardonne moins facilement un matériel mal préparé. Le vent, le sel, les vagues et les poissons puissants ajoutent quelques complications. Pour commencer, mieux vaut viser une espèce accessible, pêcher dans des conditions calmes et utiliser un ensemble cohérent. Il n’est pas nécessaire de lancer toute la soie dès la première sortie. Un bar à dix mètres reste un bar, et il ne demandera pas votre diplôme de lanceur.
Le bar peut être recherché sur une grande partie des côtes de la Manche et de l’Atlantique. La Bretagne, le golfe du Morbihan, les estuaires, les abers, les parcs à huîtres, les plages rocheuses et certaines zones portuaires offrent des configurations intéressantes. La présence de petits poissons, de crevettes, de crabes et de courants compte davantage que le prestige du nom inscrit sur la carte.
Oui. La Bretagne réunit des estuaires, des pointes rocheuses, des baies, des parcs ostréicoles et de nombreux courants favorables au bar. La difficulté consiste moins à trouver de l’eau qu’à identifier le bon secteur au bon moment de la marée. Le golfe du Morbihan, notamment, se prête bien à la pêche des bordures et des zones peu profondes. Mais une carte prometteuse ne remplace jamais l’observation sur place.
Oui, mais la côte basque n’est pas la plus simple pour débuter. La houle, les falaises, les rochers et le peu d’accès à certaines zones rendent la pêche du bord assez technique. Les secteurs abrités et les embouchures sont souvent plus envisageables, notamment autour de la Nivelle ou de l’Adour, sous réserve de respecter les accès, la sécurité et la réglementation locale. En bateau, les possibilités augmentent nettement, notamment lorsque les bonites et autres thonidés se rapprochent de la côte.
Les deux approches sont intéressantes. Du bord, la pêche demande une bonne lecture des marées, des courants et des accès. En bateau, on couvre davantage de terrain et on atteint plus facilement les chasses ou les plateaux éloignés. Le bateau ne transforme toutefois pas le bar en poisson coopératif. Il permet surtout de se déplacer plus vite entre plusieurs endroits où il peut également ne rien se passer.
Les bordures rocheuses, les parcs à huîtres, les herbiers, les laminaires, les sorties d’estuaire, les pointes de courant et les plages présentant une rupture de fond sont de bons points de départ. Le bar utilise ces zones pour intercepter de petites proies. Il faut repérer l’eau qui bouge, les oiseaux, le fretin et les changements de couleur. Une mer entièrement uniforme est belle sur une carte postale, un peu moins dans une boîte à mouches.
Une canne de 9 pieds prévue pour une soie de 8 constitue une base polyvalente. Elle permet de lancer la plupart des streamers destinés au bar et de composer avec un vent raisonnable. Une soie de 9 ou 10 devient intéressante pour les grosses mouches de surface, les conditions difficiles ou les pêches plus puissantes. La canne doit surtout charger facilement et lancer proprement sans exiger un bras de grutier.
Une soie intermédiaire est probablement la plus polyvalente pour débuter. Elle passe sous les vaguelettes et permet de pêcher les streamers à faible ou moyenne profondeur. Une soie flottante convient bien aux faibles profondeurs et aux mouches de surface. Une soie plongeante devient utile dans les courants puissants ou lorsque les poissons sont plus bas. Il n’est pas nécessaire d’emporter toute une mercerie : deux soies bien choisies couvrent déjà beaucoup de situations.
Le moulinet doit résister au sel, posséder un frein régulier et contenir suffisamment de backing. Pour un bar courant, le frein ne sera pas toujours mis à rude épreuve, mais il doit fonctionner sans à-coups lorsqu’un beau poisson décide enfin de partir. Un modèle large arbor facilite la récupération de la soie. Le plus important reste de le rincer après chaque sortie, même lorsqu’on rentre tard et que le canapé lance un appel très convaincant.
Un bas de ligne assez court et puissant permet de retourner les streamers malgré le vent. Sa longueur dépend de la discrétion nécessaire, du poids de la mouche et du profil de la soie. Sur une soie intermédiaire, un bas de ligne d’environ 1,50 à 2,50 mètres constitue une base simple. Avec une grosse mouche de surface, mieux vaut un ensemble court et énergique qu’un bas de ligne interminable qui finit en nœud marin décoratif.
Les streamers imitant un lançon, un sprat, un anchois ou un petit mulet constituent la base. Les modèles blancs, olive, gris, bleu ou chartreuse couvrent beaucoup de situations. Les imitations de crevettes et de crabes sont également utiles dans les estuaires et les faibles profondeurs. Enfin, les poppers et sliders permettent de rechercher les attaques en surface, ce qui ajoute une légère tension au pêcheur. Légère, évidemment.
Des streamers de 6 à 12 centimètres couvrent une grande partie des situations. Il faut surtout adapter leur volume au fretin observé. Un modèle long mais très fin peut être plus facile à lancer et plus crédible qu’une grosse mouche surchargée. Lorsque les bars mangent de minuscules anchois, une imitation discrète peut faire la différence. Leur proposer un streamer énorme revient parfois à servir un jambon entier au milieu d’un apéritif.
La Crease Fly est une mouche de surface en mousse qui imite un petit poisson blessé. Selon l’animation et la forme de sa tête, elle travaille entre le slider et le popper : suffisamment bruyante pour attirer l’attention, sans forcément labourer toute la baie. Elle peut intéresser le bar, le tarpon et de nombreux prédateurs marins. Retrouvez mon montage de la Crease Fly, ma mouche popper.
Oui, notamment lorsque les poissons chassent près de la surface ou autour des herbiers, des laminaires et des parcs à huîtres. Son profil de petit poisson et son sillage peuvent provoquer des attaques franches. Un montage anti-herbe permet de la faire passer dans des zones encombrées. Il faut toutefois disposer d’une canne et d’un bas de ligne capables de la retourner, surtout avec du vent. La mousse ne pèse presque rien, mais son aérodynamisme évoque parfois davantage la biscotte que l’hirondelle.
Il faut réduire les faux lancers, utiliser une soie dont la tête charge rapidement la canne et employer un bas de ligne court. Une double traction propre aide davantage qu’un effort brutal. La mouche doit aussi être conçue avec des matériaux peu volumineux qui évacuent facilement l’eau. Lorsque le vent devient trop fort ou souffle du mauvais côté, changer de poste reste parfois le geste technique le plus intelligent de la journée.
Il n’existe pas une récupération universelle. Des longues tirées rapides imitent un petit poisson en fuite, tandis que des animations plus courtes et entrecoupées de pauses suggèrent une proie blessée. Dans une veine de courant, il suffit parfois de laisser le streamer travailler presque seul. Il faut varier jusqu’à obtenir une réaction, puis essayer de se souvenir précisément de ce que l’on faisait au moment de la touche. C’est souvent là que les choses se compliquent.
La bonne phase dépend entièrement du secteur. Certains postes fonctionnent au montant, d’autres au début du descendant ou autour de l’étale. Ce qui compte est la manière dont la marée met en mouvement les proies et crée des courants exploitables par le bar. Il faut retourner plusieurs fois sur le même secteur et prendre des notes. Une seule sortie ne permet pas de condamner une baie entière, même si la bredouille encourage parfois ce genre de conclusion scientifique.
Oui. Lorsque les bonites se rapprochent de la côte basque et chassent de petits anchois, la mouche peut même devenir particulièrement efficace. Elle permet de présenter une imitation très fine, de cinq à sept centimètres, là où des jigs ou des poppers plus volumineux sont refusés. Cette pêche demande toutefois une approche précise et un matériel préparé avant l’arrivée sur les poissons. Retrouvez la pêche de la bonite à la mouche au Pays Basque dans cet article.
Les oiseaux, le fretin qui saute et les éclaboussures permettent souvent de localiser une chasse. Il faut ensuite observer son déplacement et anticiper plutôt que foncer directement au milieu. Les poissons peuvent sonder dès que le bateau arrive trop vite ou trop près. Une bonne approche offre parfois un seul lancer. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour découvrir que la soie forme un nœud autour du taquet.
Une canne prévue pour une soie de 8 constitue une base cohérente pour la bonite lorsqu’on utilise de petits streamers. Elle doit permettre de lancer rapidement tout en conservant assez de réserve pour combattre le poisson proprement. Une soie de 9 peut apporter davantage de puissance dans le vent ou avec des imitations plus importantes. Le but n’est pas de prolonger le combat uniquement pour admirer la canne pliée jusqu’à la poignée.
Il faut commencer par regarder la taille du fretin. Lorsque les poissons se nourrissent d’alevins de quatre ou cinq centimètres, un streamer très fin dans les mêmes proportions sera souvent plus efficace qu’une grosse imitation. Le blanc, le gris, le bleu, l’olive et quelques reflets suffisent. La silhouette et le volume comptent davantage qu’une accumulation de détails que la bonite observera à environ quarante kilomètres à l’heure.
La différence tient surtout à la puissance du poisson et au matériel nécessaire. Une bonite peut être recherchée avec une canne pour soie de 8 ou 9, tandis qu’un thon plus important impose souvent une canne de 10, 12 ou davantage, un frein irréprochable et beaucoup de backing. L’approche des chasses reste similaire : anticiper, lancer vite et présenter une imitation proche du fretin. Ensuite, le moulinet explique très clairement la différence.
La quantité dépend de l’espèce, de sa taille et du diamètre du backing. Pour une bonite, une réserve sérieuse est déjà nécessaire. Pour des thons puissants, le moulinet doit contenir plusieurs centaines de mètres de backing adapté. Il faut vérifier les raccords entre backing, soie et bas de ligne avant la sortie. Un poisson qui vide le moulinet est spectaculaire. Un poisson qui part avec toute la soie à cause d’une boucle mal faite l’est beaucoup moins.
Il faut un moulinet marin robuste, doté d’un frein puissant, progressif et protégé contre le sel. Une grande capacité et un diamètre de récupération important sont indispensables. Le frein doit démarrer sans blocage lorsque le poisson accélère. Sur ces pêches, le moulinet n’est plus un simple rangement circulaire pour la soie. Il devient une pièce centrale du matériel, et les poissons se chargent rapidement du contrôle qualité.
Le bonefish se recherche généralement à vue sur des flats tropicaux peu profonds. Le pêcheur repère le poisson, anticipe sa trajectoire et pose une imitation de crevette ou de petit crabe devant lui. Le lancer doit être rapide, précis et discret. La récompense arrive lorsque le bonefish prend la mouche et part à une vitesse assez peu compatible avec l’idée que l’on se faisait d’un poisson vivant dans trente centimètres d’eau.
Une canne de 9 pieds pour soie de 8 est devenue l’ensemble classique. Elle permet de lancer dans le vent, de présenter des mouches assez légères et de combattre la majorité des bonefish. Il faut y associer une soie spéciale eaux chaudes, un moulinet marin fiable et suffisamment de backing. Des lunettes polarisantes de qualité sont essentielles : avant de lancer au poisson, encore faut-il réussir à le voir.
Le tarpon réunit tout ce qui peut dérégler calmement un pêcheur : une grande taille, une prise spectaculaire, des accélérations brutales et des sauts capables de décrocher la mouche. Il peut être recherché dans les mangroves, les passes, les lagunes et le long des plages. Le ferrage et le combat demandent une vraie technique. Pour voir ce qui rend ce poisson si particulier, retrouvez ces films de pêche du tarpon et de la carangue à la mouche.
Le matériel dépend de la taille des tarpons visés. Une canne pour soie de 10 peut convenir aux poissons moyens, tandis qu’une soie de 11 ou 12 est souvent utilisée pour les grands tarpons. Le moulinet doit posséder un frein puissant et une grosse réserve de backing. Le bas de ligne comporte généralement une partie résistante à l’abrasion. Ici, le matériel léger cesse assez vite d’être poétique.
Le permit est méfiant, mobile et rarement disposé à pardonner un lancer approximatif. Il se recherche à vue sur les flats avec des imitations de crabes ou de crevettes. La mouche doit arriver suffisamment près pour être repérée, mais pas au point de faire fuir le poisson. Même une présentation correcte peut être ignorée. Le permit possède un talent particulier : transformer une occasion rêvée en longue discussion intérieure.
Le bonefish se pêche surtout avec des imitations de crevettes et de petits crabes. Le permit demande souvent des crabes très réalistes ou des crevettes bien équilibrées. Le tarpon attaque des streamers plus volumineux, montés sur des hameçons solides. La couleur, le poids et la vitesse de descente doivent être adaptés à la profondeur et au comportement du poisson. Une boîte tropicale doit donc couvrir plusieurs situations sans devenir une valise cabine supplémentaire.
Il faut rincer à l’eau douce la canne, le moulinet, la soie, les outils et les mouches utilisées. Laissez sécher le matériel avant de le ranger et vérifiez régulièrement les anneaux, les raccords et le frein. Les hameçons légèrement marqués par la corrosion doivent être remplacés. Le sel travaille discrètement, sans bruit et sans jour de repos. Un rinçage de cinq minutes évite souvent une facture nettement plus longue.
Consultez la météo marine, la houle, les horaires de marée et les conditions d’accès. Portez des lunettes, des chaussures adaptées et un gilet de sauvetage lorsque la situation l’exige. Ne pêchez jamais seul sur une côte exposée sans prévenir quelqu’un. Il faut également vérifier la réglementation applicable aux espèces, aux tailles, aux quotas et aux zones fréquentées. La mer supporte assez mal l’improvisation héroïque.
Le maquereau, l’orphie ou un petit bar constituent de bonnes premières cibles lorsque les poissons sont accessibles. Ils permettent d’apprendre à lancer un streamer, gérer la soie et combattre un poisson marin sans sortir immédiatement l’artillerie destinée au tarpon. Choisissez une journée calme, un secteur sûr et une pêche simple. Le bonefish, le permit et le thon pourront attendre que la soie ait cessé de s’enrouler autour de vos chaussures.
Fredo