Partie de pêche à  la mouche printanière sur mes Nives

Première étape de cet après-midi : la Nive de Naigorry dans sa partie basse

Arrivé vers 13h30 à  OSSES, j’ai le temps avant de m’engager dans la vallée de Baigorry, d’aller mater la confluence de celle-ci avec la Grande Nive. Et là , sous le pont, un saumon dans le courant. Pas un 20 lbs, mais un poisson de 5 ou 6 lbs probablement. Surement un de ceux bloqués sur Ustaritz ces dernier jours, et qui ont du profiter du coup d’eau récent pour “aller de l’amont”. Je ne peux m’empêcher de penser … à  ces poissons qui vont mener une vie très spéciale durant plusieurs mois, planqués dans leur trou d’eau du Baztan, de la vallée des Aldudes ou d’Arneguy, à  l’ombre …

… d’une paroi rocheuse protectrice. Combien de fois ais-je du m’approcher sans le savoir d’un de ces poissons-rois ? Et que peut-il bien se passer dans leur tête durant ces mois de disette et de chacailleries avec les voisins.  Ces journées et ces nuits sans se nourrir (moi, je ne pourrais pas :-), dans le fracas de leur rivière natale, à  profiter des coups d’eau successifs pour gagner les parties hautes du bassin, avec leurs fonds de graviers moins colmatés par la vase …

Des postes “valeurs sûre”

Bref… Les conditions sont correctes sur la Nive de Baigorry. Peu d’insectes, mais une eau un peu mchée après le coup d’eau de des derniers jours. Un niveau de 0,42 m  sur Vigicrue (Baigorry, 0,76 pour OSSES). Le temps est nuageux, peu de soleil, mais beaucoup de vent. Un vent du sud des plus emmerdant, car orienté plus ou moins dans le même sens que la vallée de la Nive de Baigorry. Il faudra faire avec. Même s’il est a priori doux, je sens qu’il raffraichit quand même l’ambiance générale. Début de partie 14h sur la première portion en aval du pont, pas d’insectes, pas de gobages, pas de vaches ni de manechs dans les prés …rien … Plutôt que de ne rien faire, je pêche l’eau avec une grosse imitation de march brown offerte un jour par NicoP “l’Africain”. Je me concentre sur les bordures. Les postes “valeurs sûres” sont  comme souvent les berges concaves renforcées par l’Homme de gros blocs de roche. Courant cassé, caches, chutes d’insectes terrestres de la paroi au dessus des blocs … le rêve pour les panthères des Nives.  Dans une veine d’eau connue, je fais un premier poisson de 32 cm. Relchée comme il se doit, elle est très blanche. 
Un combat sympa, très vif. Sans en être surpris, un peu plus haut, je fais réagir une aute truite qui gobe mon imitation. Ferrage, elle démarre, et se décroche rapidement. Un poisson moyen a priori, 35 dirons-nous. Pas grave, ça me va … mon essentiel est bien de faire monter des poissons. Si un jour les écolos européens arrivent à  interdire la pêche avec des hameçons (et je ne croyais pas si bien dire, je ferai rapidement un billet sur des textes qui circulent en haut lieu et qui présentent les no killeurs comme des sadiques forcenés, vive l’Europe et ses lobbies), je continuerai à  fouetter des morceaux de plume non armés. Je me contenterai d’un rapide muxu de mes panthères au lieu d’un corps à  corps plus soutenu.

Un poste trop bon pour être vide …

Je poursuis en amont. Des poissons sont dehors, dans les retournes en bas du pré pour les deux premiers. Ils sont infaisables. Malgré mon approche de Sioux par leur surplomb, je les fais fuir. Très dûr car la seule possibilité est de les aborder en les surplombant. Injouable s’il y a trop de luminosité comme aujourd’hui. 
Je remonte la Nive après le pont immédiatement en amont. Rien sur les premiers spots. J’arrive sur un secteur qui m’a souvent rapporté du poisson. 2 ou 3 veines de courant sur la bordure opposée sont souvent occupées par des truites actives. Un de ces postes est trop bon pour être vide. Je décide d’attendre jusqu’à  ce qu’une truite se manifeste. Je ne me suis pas trompé, il y en a bien une. Elle gobine de petites éphémères qui dérivent sporadiquement.
Une truite très altruiste, très compréhenive : combien lui ferai-je de draguage sur son museau ? Elle est dans un secteur très calme qui reçoit la dérive amenée par un courant nettement plus fort. C’est impossible d’avoir plus de 3 secondes de dérive dans ce secteur. Le problème est que la belle prend son temps avant de gober. Elle a raison, elle est dans un calme. Pourtant, à  la faveur d’une variation autant favorable que providencielle de la veine de courant, ma mouche, une artzamendi, se présente bien un temps suffisant sur le nez de la truite pour qu’elle la gobe. Je vois tout de suite que j’ai affaire à  une candidate sérieuse.
 Chandelles, fuite aval. Un beau combat. 
Elle accusera 40 cm. 42 cm dans quelques semaines ou mois quand je la repêcherai. 
Du moins, si la blessure qu’elle porte sur le dos cicatrise sans complications. Probablement un coup de bec de héron (il y en a dans la vallée de Baigorry) ou de cormoran (plus rares si haut dans la vallée).

“Oh ! C’est mieux maintenant qu’avant ! …”

Ce sera tout pour la Baigo river. J’ai envie de pêcher des gobages. Arrivé à  la voiture, je discute avec un pêcheur au toc, également moucheur, qui va attaquer mon parcours. Il me raconte des parties sur cette portion de Nive, alors qu’il était gosse, avec du poisson partout, des poissons de 60, 70 … bref, toujours pareil : avant c’était mieux … et c’est vrai malheureusement. Vous avez déjà  constaté ou entendu un pêcheur dire : “Oh ! C’est mieux maintenant qu’avant ! …” ?

17h30, je descends sur la Grande Nive. 

Un pool se découvre un peu depuis la route. Je m’y arrête pour voir… BLOUFFF …..; BLARRFFFF …… SHPLLLOUFFFFFF … 3, 4, 5 gobages en quelques secondes. Que du gros, du dense, du large, du profond, du sérieux quoi, du bon gros gobage de bonne grosse truite. 

Je gare mon carosse et me glisse dans les ronces jusqu’ç l’aval immédiat des gobages. Ils continuent, c’est du beau poisson. De là  o๠je suis, je distingue un autre gobage. Pas un gobage plein courant comme ceux qui m’ont attiré ici, mais du gobinage de caverne, de ces poissons de taille planqués dans un coin infernal, souvent une retourne calme, offrant le gà®te, le couvert, et le bunker. 

Je sollicite le premier poisson… 

Rien à  faire 2, 3, 4 mouches … il ne veut rien savoir. Il continue à  gober jusqu’à  une présentation catasrophique, façon ski nautique, qui lui clouera le bec. Je passe 5 m plus haut pour attaquer la deuxième série de truites qui gobent encore 20 m plus haut. Idem, rien à  faire. Le coin est super-dur. Les truites sont dans une partie plus calme en bordure d’une accélération. Elles gobent des insectes émergents a priori, en limite de calme/courant. Je suis dans la partie courante et malgré des posés très courbes, tendance tête d’épingle, la mouche drague au bour de quelque secondes, et le bas de ligne drague tout de suite, créant un sillage tout sauf sécurisant pour mes adversaires. Je réussirai quand même à  en faire monter une que je picoterai sans la crocher comme  il faut. On ne l’y reprendra plus de l’après-midi à  mon avis … 

Sa copine “truite des cavernes” continue à  se goindrer …

… de la dérive qui lui passe au ralenti au dessus du museau. Après quelques tentatives infructueuses, je réussis à  faire un posé suffisamment dirigé et précis pour arriver sous la paroi rocheuse en évitant les branches tombantes, et suffisamment mou pour supporter le courant de retourne qui tendra irrémédiablement monbas de ligne jusqu’à  faire draguer mon imitation. Après lui avoir proposé différentes mouches (émergentes, artzamendi …) j’essais avec tout autre chose : une éphémères grise à  corps jaune façon montage renversé, à  la “mémé Devaux”. Une grosse mouche sur 14, mais bien réaliste. Sa dérive me semble interminable. Soudain, au ralenti, un museau de grosse truite perce la surface et aspire tranquillement ma mouche, plein d’assurance et de sérénité.   J’honore la goulue d’un ferrage bien dans le tempo, mais beaucoup trop fortissimo ! Casse imédiate. Un beau poisson, plus de 40 assuré, 50 cm peut-être. Des museaux comme ça, je n’en avais pas vu depuis longtemps. Je quitte ce spot penaud, frustré de na pas avoir attrapé un poisson, mais quand même content d’avoir eu des adversaires.

Il commence à  faire tard, reste 15 ou 20 min de pêche. 

Allons voir un peu plus haut.

Plus d’insectes, il commence à  faire un peu frais, le vent du Sud est devenu une bise frisquette. Quel beau pool ! Je suis sur un passage très peu large, mais qui doit être très profond. Au centre de la Nive (qui ne doit pas faire plus de 10 m de large à  ce niveau), une veine d’eau concentre toute la dérive. J’y ai vu des gobages en arrivant…

Génial, une truite gobe dans cette veine d’eau, 20 m en amont de moi. JE me place bien, 10 m en aval de sa position présumée. Une éphémère corps jaune, ailes séparées  en CDC gris moucheté de blanc (dégaine papillon) devrait faire l’affaire. En tout cas, je peux la voir. 

C’est au deuxième passage que la belle gobera mon artificielle. 

Beaucoup de gnac, une robe très blanche, très fine, de belles nageoires … ne serait-ce pas une truite de mer ? Sur ce pool, ce ne serait pas surprenant. Elle mesure 34 cm et à  l’heure qu’il est doit avoir oublié cette mésaventure du soir.

Il est temps de rentrer sur Bayonne, Toulouse – Racing, ça doit pouvoir le faire après cet après-midi de pêche plutôt plaisant.

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2 réponses

  1. patneze dit :

    Belle aventure . Toujours un plaisir de lire ça …

    Patrice

  2. Loles dit :

    Nikel tes recit. Au plaisir de te rencontrer un jour au fil de notre belle NIVE.
    Loles moucheur debutant 1 saison a mon actif 😉
    Toujours ouvert a de precieu conseil!!!
    No kill forever

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