Et 1, Et 2, Et 3 poissons … perdus

Soirée avec ma Muse, après-midi avec ma Nive

Je pêche très rarement l’après-midi (encore moins le matin) sur la Grande Nive. sauf au printemps, par temps pluvieux. Et ben il se trouve qu’en ce moment, ça peut ressembler à  un mois d’avril, avec plus de feuilles sur les arbres. La veille ayant ressemblé à  une chaude journée type 2003.
Je dispose aussi d’un “créneau hydro” entre la crue précédente (l’avant-veille, jeudi matin), et la suivante (dimanche matin 05h, mais ça, je le saurai … le lendemain). L’eau, en fin de décrue, possède la couleur qu’il faut …

Première truite : la “Le Pen” : certainement borgne à  droite, contrairement à  lui

Même bordure et même endroit précis qu’il y a quelques jours, un premier poisson est installé. PAs énorme, mais une 35 probablement. Elle gobe devant moi, 2 mètres en avant d’un improbable parasol de bois flottés. Je passe sur la droite du tronc baignant. Elle continue à  gober. Je l’entends respirer … bon ok, presque. Je lui fais passer les mouches qu’il faut : émergente de sedge sur 14, 16, 18 : rien. Ephémère …. rien. Bon … Un mauvais posé peu discret, elle se calle contre la bordure, tout contre. J’attends. … Elle regobe enfin ! Je lui repose des petites choses, plutôt sur sa droite. Elle ne bronche pas … une fois, deux fois. Il me semble pourtant bien dériver. Une troisième fois … pareil : rien. Et si je lui posais plus près de la bordure ? Allons . Je pose, ma soie bien détendue (mon moi bien détendu aussi).

Et là , tout s’éclaire : elle doit être borgne du coté droit, car elle saute immédiatement sur mon émergente de sedge. Ferrage pas mal, combat … coups de tête … décrochée … bon … l’essentiel est là  (repérage + posé + gobage + combat, ça fait quel pourcentage du total pour vous ?).

Deuxième truite : pointe en 10/100e, truite de 43 cm … ça fait pas le poids

Un peu plus haut (4 m), une belle truite (très probablement pêchée par votre serviteur il y a quelques jours) gobine comme une petite folle. Un courant très vicieux, très irrégulier (résurgences du courant principal), avec les dérives de mon artificielle qu’on imagine. 30 fois la belle survolera par dessous moa mouche, 30 fois elle se détournera sans se presser ni se stresser, 30 fois elle reviendra. Si vous comptez bien, elle est donc revenue … une fois de plus … OK on y est ?
Pour la 31ème, je rallonge la pointe. J’aboute à  ma brasse et demi de fluorocarbone 12/100e une autre brasse et demi du même fluorocarbone, mais en 10/100e. Noeud triple de chirurgien, humecté avant serrage comme il se doit. pour optimiser, je fais un truc que j’aurais du faire avant : regarder la dérive : quels insectes dérivent ? Que bouffe-t-elle ? Et là , une évidence, des sortes d’éphémères très petites, corps blanc, ailes à  plat : des spents de caenis !!! Je n’ai pas de ces imitations ! Je trouve un petit voilier cul de canard clair sur 18 et tente. Et là , premier passage (le 31ème pour ceux qui suivent), elle gobe. Ferrage impeccable (c’est mieux aujourd’hui!). Démarrage en trombe plein courant, turbo vers l’aval, sprint vers le milieu (tout ça en … 3 sec) … et casse ! ça faisait très longtemps que la Nive n’avait entendu mon “PUTAIN !!!” majuscule. Au fait … pas de photos de cette ingrate. Je repasse en 12/100e. Je disais dans un post précédent que c’est aberrant sur ce secteur de descendre en 10 ou moins. Je ferai bien de lire plus souvent la-peche-a-la-mouche.com et d’appliquer les remarques du rédacteur en pêche.

Troisième truite : une approche parfaite ponctuée d’une décroche

En montant jusqu’au poste précédent, je suis obligé de passer dans la retourne d’une truite magnifique, toujours là  (à  marée basse), mais inattaquable en passant par l’amont, configuration oblige (forêt vierge + blocs de rochers). Mais peut-être faisable par l’amont, à  la sioux. La pénombre est favorable. Je m’installe contre le gros chêne penché qui borde la retourne (photo ci-contre prise 2 jours après durant la décrue), résolument décidé à  “me la faire”. Patiente donc. Lancer arbalète et discrétion en perspective.
Bon, mais est-elle là  ?
Attente enlacé au chêne (contrepèterie ?)….
ELLE EST LA !
Elle vient de me passer à  2 m des pieds, elle est bien là  et tourne dans sa retourne et retourne encore. Elle nymphe, et gobe deci delà  quelques cadavres d’insectes. 10 fois je la verrai, 10 fois j’essaierai de lui faire un lancer anticipé sur son chemin, 1 m devant elle. Fausse route, elle semble ne pas voir ma mouche (émergente de sedge). Je ne peux la laisser me narguer ainsi. Que faire ?
Et là , elle me donne une piste : elle vient de bruyamment gober un je ne sais quoi, très soudainement, sans l’avoir vu au préalable. Et si elle était focalisée sur la dérive 2  m ou plus devant elle, et pas sur ce qui flotte au-dessus de son museau ? ça vaut le coup d’être tenté. Je vais lui poser un bon gros sedge (corps masque de lièvre et collerette en longs poils de lièvre), en attente sur son passage, elle le verra de loin. Je pose donc sur le plus hot spot de son circuit, là  où elle revient souvent et passe du temps à  chaque fois. Une cuvette dans la retourne. 1 m d’eau, pas plus. Petit coup d’arbalète sans bouger plus que deux doigts, et en alignant la canne cm par cm. Tout ça dans un environnement ronceux, ortieux à  souhait. Les secondes passent; le sedge flotte toujours. BLLLAAARRRFFF !!! elle vient de gobelouper mon artificielle, sans se piquer a priori. Si je pouvais disposer du ralenti vidéo, je pourrai surement la voir se lancer à  2 m de la mouche pour se jeter sur elle. Je ne l’ai pas vu arriver. Elle n’est pas venue l’inspecter sous tous les angles comme je l’escomptais initialement, mais s’est jetée sur elle. Logique pour un sedge qui risque de s’envoler. Sedge n’est pas spent ! Rien de plus logique que la nature et le comportement des animaux.
Bref, va-t-elle revenir ? et oui, elle continue son cycle, et n’a toujours rien détecté. J’use du même stratagème. J’attends quelle quitte la marmite, et y réexpédie mon sedge à  poil (le sedge, pas moi, y’a des orties). Et bien entendu, la bougresse ne prends pas soin de regarder le bon de livraison, et se rejette à  nouveau sur le colis. Cette fois, elle y est, c’est du lourd. Je me jette à  ses trousses, car le secteur est rocheux, des rochers très aiguisés, pas du tout érodés par la Nive. Gros combat à  la “ça passe ou ça casse”. Mon 12/100e tient le choc. Je doit pouvoir la glisser dans la raquette. Elle y est presque. La scierra TI+ #5 est pliée en deux. Un peu trop. Ne force pas, au coup suivant ça le fera. Je calme un peu le jeu, la belle repart, se prend à  rêver de jours meilleurs et me refait un coup d’énervement. Et là  … elle se décroche. Bon, je l’aurai fait aussi. Elle n’aura pas droit à  sa photo. Dommage.

Lot de consolation

Je descendrai en aval, sur le grand lisse. Plusieurs poissons installés.
Une consolatrice de 31, s’offrira en lot de consolation.
Une partie bien sympa. Il est 20h, ça commence franchement à  le faire.
Une très grosse (nageoires pelle à  tarte) gobe de temps à  autres 20 m devant moi. Je m’avance pour lui proposer une belle dérive. Je m’avance un peu trop et la calle. Je dois rentrer sans attendre le coup du soir qui promet, mais je sais qu’elle est là . Mais sait-elle que je sais qu’elle est là  ? Et sais-je si elle sait que je sait qu’elle est là  ?
J’ai promis à  ma muse de lui accorder une soirée, je rentre donc l’amour dans l’à¢me au bercail. Vivement demain !
NB : et bien le lendemain, crue, donc ce sera le surlendemain, lundi 7. Et là , encore des rebondissements.

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1 réponse

  1. jean pierre dit :

    Bravo Fred.Ton sedge que je me plais à  nommer la”Bidarraï”a encore fait des siennes!à  plus.

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