Pêcher les bordures à la mouche

berge bordure riviere Nive au Pays Basque
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La balle à l’aile, la vie est belle !

Ah les bordures … souvent la clé de la réussite sur des rivières larges, comme la Grande Nive au Pays Basque. Hormis lors de grosses éclosions de march brown au printemps, de sedges au coup du soir, ou de fourmis en été, souvent on constate peu ou pas de truites actives au milieu de la rivière, et si on n’a pas le réflexe de regarder vers les bordures, on peut rapidement en déduire qu’il n’y a rien à pêcher sur ce spot. J’ai souvent croisé sur la Nive des pêcheurs venant d’autres régions –comme les pêcheurs bretons qui aiment bien notre Pays Basque-, en échec complet en n’attendant les truites en activité au milieu de la rivière au lieu de se concentrer sur les bordures et surtout les retournes qui y apparaissent et y concentrent souvent les plus grosses truites.

bordure avec couverture de branches sur la Nive au Pays Basque

bordure avec couverture de branches sur la Nive au Pays Basque

Les bordures présentent plein d’avantages pour les truites : courant affaibli, moindre profondeur, calme relatif, beaucoup plus de caches à proximité, amoncellements de bois, de blocs de roche, couvert de végétation complétant différenciant l’apport en insectes dérivants … Des inconvénients à se poster en bordure pour une truite ?

photo de berge avec beaucoup de racines sur la Nivelle au Pays Basque

photo de berge avec beaucoup de racines sur la Nivelle au Pays Basque

Peu à mon sens, peut-être une plus grande proximité avec les prédateurs habituels de la truite que sont les hérons ou les visons. Si bien que souvent donc, ce sont les grosses truites que l’on trouve en bordure, alors que les petites batifolent plus dans les veines d’eau au milieu de la rivière. Bien sûr que ce n’est pas une règle, mais plutôt une tendance affirmée.

Quelle mouche pour les bordures ?

La, on va dire que ce sont bien entendu quasiment les mêmes mouches, à part peut-être en plus la possibilité d’essayer des terrestres fin de printemps ou en été. Les truites de la Nive sont souvent sur les bordures lors des sorties d’olives au printemps.

voir la rubrique montage de mouches

Surveiller les bordures

photo berge sur la rivière Grande Nive au Pays BAsque

photo berge sur la rivière Grande Nive au Pays Basque

Surveillance des bordures depuis le lit de la rivière

Le point essentiel est d’avoir confiance dans sa bordure. La bonne tactique –en tout cas c’est la mienne-, consiste à se poster en aval de la bordure à surveiller, ou mieux, plein travers si c’est possible, ou travers aval pour gagner en discrétion par rapport au plein travers. Et là … tu fais le héron, tu attends en scrutant les 2 mètres de courants qui bordent la berge, spécialement dans les amortis ou retournes. Mais scruter pour voir quoi ? Les gobinages mon ami. La truite en bordure ne gobe pas les insectes dérivants … elle les gobine … C’est pareil, mais en plus discret, en plus silencieux. Du genre invisible si tu cherche le bon gros splatch. Quelquefois, ce n’est qu’une légère aspiration, un discret siphonnage qui trahit la présence de la truite en activité.

photo berge avec racine sur la Nivelle au Pays Basque

photo berge avec racines sur la Nivelle au Pays Basque

Surveillance des bordures depuis … la bordure

C’est ce que l’on appelle souvent la pêche à l’indienne : se fondre dans la bordure en résumé. Progression dans la broussaille, lunettes polarisantes sur le nez, en essayant de repérer des truites en poste mais non visibles par leur gobage. Généralement, ce repérage est la seule solution si la bordure est inaccessible par travers, pour cause de trop de profondeur, de trop de courant par exemple. Dans certains coins, ce mode de prospection est le seul envisageable.

photo d'un amortis-retourne sur une berge de la Grande Nive au Pays Basque

photo d’un amortis-retourne sur une berge de la Grande Nive au Pays Basque

Quand une truite est repérée, soit elle est attaquable directement, soit après bien avoir repéré sa position en prenant des repères autour d’elle (devant/derrière/sous une branche tombante, travers le gros bloc de rocher, juste en aval de la grosse racine …), on se remet à l’eau en aval, et on progresse travers aval jusqu’à arriver à portée de lancé.

L’approche d’une truite repérée depuis le lit de la rivière

Nico, pêcheur en aval d'une bordure sur la rivière Madison river dans le Montana

Nico, pêcheur en aval d’une bordure sur la rivière Madison river dans le Montana

La meilleure approche consiste à être discret, c’est fondamental. Je suis de ceux qui pensent qu’il vaut mieux être un artiste de l’approche discrète, qu’un artiste et un recordman du lancé. Plus on s’approche du gobage ciblé, moins on aura de soie dans l’eau et mieux on maîtrisera le posé et la dérive de la mouche. Donc un positionnement travers ou travers aval pour être le plus discret possible.

L’approche d’une truite repérée depuis la berge

Un maître-mot : rester discret. Il faudra donc se fondre dans la végétation, progresser à pas de loup, ne pas faire de bruit en cassant une branche sous ton pied, ne pas faire bouger les branches … L’idéal est de se poster légèrement travers amont de la truite repérée et de laisser juste descendre sa mouche sous la canne, ou de la projeter par un lancé-arbalète un gros mètre devant la truite.

Le posé de la mouche.

Pour mois, 2 cas :

  • La truite est dans une retourne ou un amorti : l’idéal est d’être travers, très proche et de faire un posé canne haute en tenant la soie … haute. Attention à la discrétion. C’est quelques fois infaisable sous peine de se faire repérer par la belle. En faisant ainsi, on pourra plus facilement gérer le courant inverse dans une retourne ou par définition … le courant est inversé par rapport au courant principal.
  • La truite est dans une veine d’eau dans le sens global du courant : moins de difficultés, on peut rester travers aval et faire un posé très courbe (angle droit soie/bas de ligne) et très mou pour différer au maximum le moment ou la soie tirera sur la mouche et la fera draguer, ce qui est plus que rédhibitoire.

Le ferrage d’une une truite en bordure

Rien à dire de spécifique sur la pêche en bordures

Le combat avec une truite en bordure

La difficulté est que la truite va trouver plein d’obstacles, de caches, qui, si elle s’y engage, risquent de mettre à mal votre pointe. Donc on met le plus possible la pression à son poisson, on n’hésite pas à le contrer canne basse, parallèle à l’eau. Je reste souvent en 5X sur les bordures scabreuses. Moins de rayons de soleil souvent permettent à cette grosse pointe d’être quand même encore un peu invisible. Ce ne serait pas le cas au milieu, plein soleil.

En tout cas, j’espère que ces 2 3 conseiles de bon sens t’aideront et que dès la saison prochaine, tu taquineras les belles truites de bordure, belles comme cette magnifique fario pêchée en bordure un beau mois de juillet au Pays Basque.

photo de grosse truite fario péchée à la mouche au Pays Basque

photo de grosse truite fario péchée à la mouche au Pays Basque

4 réponses

  1. Patrice dit :

    Salut Fred,

    comment tu es méchant avec les bretons 🙂
    Bon c’est vrai qu’au début j’étais déstabilisé sur la Nive par rapport à nos petites rivières bretonnes. Mais j’ai vite compris la pêcher grâce à tes bons conseils.
    Au plaisir de te revoir au printemps prochain … Ca me trotte de plus en plus de revenir sur cette belle rivière …

    Patrice

  2. fred dit :

    Allez, programme ça en avril/mai, en espérant que la Nive sera généreuse. Sus aux bordures !! 😉

  3. Bel article Fred,
    Et oui, quoi de plus exaltant que de parcourir ces bordures par les chaudes soirées des mois de juillet ou août, à la recherche de la petite bulle ou de l’imperceptible “blop” qui va nous mettre en émoi …
    A plus.
    Pierrot

  4. fred dit :

    Et oui Pierre, c’est exactement ça … le p’tit blop … vivement dans quelques mois ! Revisionner les 2 vidéos mises sur la home de mon site hier m’a à nouveau énervé, j’ai l’envie qui monte de monter des mouches d’abord, et d’aller me mesurer aux panthères de la Nive et de la Nivelle ensuite … dans quelques … semaines ! Bonne soirée Pierre !

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